
Tu y crois, toi ? Moi je n’y crois pas. Pas un instant. À tout ce que se disent les gens. Tout ce qu’ils disent. Tout ce qu’ils me disent. Et à toi non plus. Ce qu’ils te disent. Quand je les entends. Pas un seul instant. Tu diras que je me méfie. Si tu veux. Peut-être auparavant. Pas maintenant.
Ça vient quand je les vois. Les voix. Qui avancent. Vers moi. Et quand elles arrivent elles puent. Je ne les écoute même pas : elles s’imprègnent dans mon visage. Je les goûte à travers mes pores. Ces paroles. Cette parole. Cette voie des sons concassés. Ce flux continu qui dilue qui dilue. Qui obnubile. L’esprit. La position du corps. Ces petites conversations. On se vide. On se sent très vite très petit.
Et hanté.